Icônes de style24 juillet 2026Lecture 3 min
Le vestiaire d'Alain Delon : le style français des années 60.
Costumes clairs, cols ouverts, silhouettes sèches : une élégance méditerranéenne qui doit autant à la coupe qu'à la façon de la porter. Ce qu'il en reste d'utile aujourd'hui.
Par Gilles Masson, Atelier Mesure, Paris 7ᵉ

Il y a une manière française d'être élégant qui n'a jamais cherché la perfection anglaise ni la souplesse italienne. Le vestiaire d'Alain Delon dans les années soixante en est l'expression la plus nette : des vêtements simples, portés sans cérémonie, une silhouette sèche et une désinvolture qui n'exclut pas la rigueur.
Trois leçons de coupe

Les costumes clairs
Beige, gris perle, bleu ciel : les costumes clairs occupent une place que le vestiaire masculin français leur a rarement redonnée depuis. Ils fonctionnent parce qu'ils sont portés en extérieur, en plein jour, dans une lumière du Sud. C'est le premier enseignement, et il est technique : une teinte claire demande une coupe plus juste, elle ne pardonne aucun excès d'aisance et chaque pli se voit. Un costume clair mal coupé paraît large ; bien coupé, il allonge.

L'épaule étroite et la taille haute
La silhouette des années soixante repose sur deux choses : une épaule étroite, peu rembourrée, qui s'arrête exactement à l'articulation, et un pantalon porté haut, à la taille réelle et non sur les hanches. Cette combinaison allonge la jambe et raccourcit le buste, soit exactement l'inverse de ce que produit un pantalon bas. Un pantalon sur mesure est le seul moyen de fixer précisément cette hauteur.

Le col ouvert, mais tenu
Delon porte souvent la chemise ouverte, sans cravate, sous une veste de costume. C'est aujourd'hui banal ; ce ne l'était pas alors, et la réussite tenait à un détail : le col est tenu, jamais mou. Un col qui s'affaisse sur le revers donne un air défait ; un col légèrement structuré reste ouvert en gardant sa ligne. C'est la différence entre l'aisance et le laisser-aller, et cela se règle à la conception de la chemise, pas au moment de s'habiller.
Sept repères
À retenir
Le vestiaire français, sept repères.
Un costume clair demande une coupe plus juste qu'un costume sombre
L'épaule s'arrête à l'articulation, sans rembourrage marqué
Le pantalon se porte à la taille réelle, pas sur les hanches
Une taille haute allonge la jambe et équilibre la silhouette
Le col ouvert n'est réussi que s'il est tenu
La désinvolture se prépare : elle n'est jamais improvisée
Peu de pièces, très bien coupées, portées souvent
Ce qu'il en reste
Ce vestiaire n'a rien d'inaccessible : deux costumes, quelques chemises, des souliers simples. Sa difficulté est ailleurs, dans la justesse de la coupe, qui est précisément ce que le sur-mesure sait donner. Voir notre page costume sur mesure et la chemise sur mesure.



