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Style26 juillet 2026Lecture 3 min

Le costume Tom Ripley : le tailoring italien des années 60.

Filmé en noir et blanc, un costume ne peut plus tricher : restent la coupe, le tombé, la matière. Ce que la série Ripley montre du tailoring italien, et ce qu'un vestiaire actuel peut en retenir.

Par Gilles Masson, Atelier Mesure, Paris 7ᵉ

Le costume Tom Ripley : le tailoring italien des années 60
Un costume sombre dans la lumière d'Atrani. Série Icônes de style.

Un escroc de petite envergure débarque sur la côte amalfitaine et en repart en homme élégant. L'histoire de Tom Ripley est d'abord une histoire de vêtements : chaque étape de son ascension passe par une garde-robe mieux coupée que la précédente. La série de 2024 ajoute une contrainte qui change tout : le noir et blanc. Privé de couleur, le costume ne peut plus séduire que par sa construction.

Le vêtement précède l'homme

Ripley n'apprend pas à devenir quelqu'un d'autre : il apprend à s'habiller comme lui. Le récit est amoral, la leçon vestimentaire ne l'est pas. Un costume juste change la façon dont on se tient, dont on marche, dont on est reçu. Ce n'est pas un déguisement, c'est une posture.

C'est aussi la différence entre porter un vêtement et être porté par lui. Un costume emprunté flotte ou serre, et tout le monde le voit avant même de savoir pourquoi. Un costume sur-mesure règle cette question une fois pour toutes : il est construit sur le corps qu'il habille, et la silhouette précède la parole.

Le vêtement précède l'homme, Le costume Tom Ripley : le tailoring italien des années 60
Un costume juste change la façon dont on se tient.

Ce que le noir et blanc révèle

Sans couleur, un tissu n'existe plus que par sa matière. Une flanelle absorbe la lumière, un mohair la renvoie, un lin se froisse en plis francs. La série entière repose sur ces contrastes : les costumes y sont des surfaces vivantes, jamais des aplats.

C'est un excellent test pour choisir un tissu aujourd'hui : imaginer la photographie en noir et blanc. Si le vêtement ne tient que par sa couleur, la matière est pauvre. Le choix du tissu se joue d'abord au toucher et au tombé, la teinte vient ensuite.

Ce que le noir et blanc révèle, Le costume Tom Ripley : le tailoring italien des années 60
Sans couleur, un tissu n'existe que par sa matière.

L'épaule souple, la ligne des années 60

Le tailoring italien de ces années-là repose sur une épaule peu construite, un revers modéré et un pantalon porté à la taille. Rien d'étroit, rien de flottant : une ligne nette qui suit le corps sans le mouler.

Cette silhouette est précisément celle que 2026 remet en avant sous le nom de tailoring souple. Elle exige une construction légère, dont la souplesse vient de l'entoilage et non d'une absence de structure, et un pantalon dont la hauteur de taille est fixée au corps, pas à la mode.

L'épaule souple, la ligne des années 60, Le costume Tom Ripley : le tailoring italien des années 60
Une ligne nette qui suit le corps sans le mouler.
« Mieux vaut être un faux quelqu'un qu'un vrai personne. »
Tom Ripley

À retenir

La leçon Ripley, en sept points.

  1. La silhouette parle avant vous : la coupe est le premier message
  2. Juger un tissu comme en noir et blanc : matière d'abord, couleur ensuite
  3. Une flanelle absorbe la lumière, un mohair la renvoie
  4. L'épaule italienne des années 60 est souple, jamais vide
  5. Le revers modéré traverse les décennies sans dater
  6. Le pantalon se porte à la taille réelle, comme alors
  7. L'aisance véritable se construit, elle ne s'improvise pas

On peut ne rien retenir du personnage et tout retenir de sa garde-robe : peu de pièces, des matières vivantes, une ligne constante. C'est la définition d'un vestiaire construit, celle que détaille le guide du costume sur-mesure.

Construire une silhouette juste.

Coupe, tissus et essayages à l'atelier, Paris 7ᵉ.